Cancers des Tissus Hormono-dépendants (CasTHor)

Les réseaux « Sein » et « Prostate » se sont regroupés en 2018 pour devenir le réseau des cancers des Tissus Hormono-dépendants.

 

Pour le cancer de la Prostate, des équipes se sont initialementfédérées autour du projet médico-scientifique ReSCaP, financé via l’appel à projets structurant 2013 du Cancéropôle Grand Ouest. Ce projet a permis la mise en place dans le Grand Ouest et les Antilles Françaises d’une base multicentrique de données cliniques unique en France sur le cancer de la prostate, et l’élaboration d’une collection biologique associée de tissus adipeux péri-prostatiques et de tissus tumoraux.

 

Pour le cancer du Sein, la structuration a eu lieu à partir du projet MATURE, financé via l’appel à projets structurant 2016 du Cancéropôle Grand Ouest, qui aborde de manière pluridisciplinaire la problématique de la résistance aux traitements chimiothérapeutiques de sous-types agressifs (e.g. LumB, Triple négatif).

 

Des projets émergents ultérieurs portant, par exemple, sur la modélisation des microenvironnements métastatiques, l’identification des mécanismes sous tendant la plasticité phénotypique inhérente aux cancers épithéliaux, la mise en place d’un modèle de cultures organotypiques ont enrichi ces thématiques fondatrices.

 

Le nouveau réseau regroupe donc des compétences dans diverses disciplines (chimie, biologie, imagerie, clinique…) qui permettent une meilleure compréhension des cancers du sein et de la prostate. Les projets portent sur les mécanismes de progression, développent des modèles pertinents et contribuent à l’identification d’outils de diagnostics pour une médecine personnalisée. Ils contribueront à terme à élaborer des stratégies thérapeutiques dans la perspective d’améliorer la prise en charge des patients au diagnostic ou d’augmenter l’efficacité thérapeutique.

 

 

 Projets Cancéropôle portés par le réseau

Au travers de ses appels d'offres le Cancéropôle Grand Ouest soutient actuellement les projets suivants :

 

Projet Structurant MATURE "MAmmaryTumors Resistance"

Porté par Philippe Juin, équipe 8 « Stress Adaptation and Tumor Escape in Breast Cancer »,CRCINA, UMR 1232 Inserm, Université de Nantes, et financé via l’appel à projets structurants 2016.

 

Le pronostic du cancer du sein est désormais bon, d’autant plus qu’il est diagnostiqué et traité tôt. La survie nette à 5 ans s’est améliorée, mais les cancers du sein des sous-types Luminal B et Triple Négatif sont de mauvais pronostic en grande partie en raison de leur résistance de novo et / ou acquise après traitement de chimiothérapie. Les tentatives actuellement développées pour élucider les voies de résistance et les surmonter restent insuffisantes. Elles utilisent par exemple du matériel clinique non viable ou des lignées cellulaires qui ne reflètent pas l'hétérogénéité des cancers du sein et ne tiennent pas compte de l’influence de l’environnement de la tumeur.

 

Le projet MATURE étudiera les mécanismes de résistance des sous-types Luminal B et Triple Négatif par des approches qui intègrent l'influence du microenvironnement de la tumeur en plus des hétérogénéités inter-tumorales et intra-tumorales. Nos équipes bénéficieront d’accès privilégiés à des pièces opératoires issues de patientes atteintes de cancer du sein de type Luminal B et Triple Négatif. Elles partageront leurs expertises pour développer et utiliser des cultures cellulaires innovantes (organotypiques issues de patients, des cultures primaires de cellules souches). Elles auront accès à des modèles très intéressants comme les modèles spontanés de cancers mammaires de chats et de chiens.

 

Notre projet de médecine de précision:

1- générera des modèles cliniquement pertinents de résistance thérapeutique pouvant être testés biologiquement et pharmacologiquement

2- définira les caractéristiques des cancers du sein résistants et identifiera de nouvelles vulnérabilités

3- validera les approches thérapeutiques innovantes développées par les équipes du consortium et justifiera leur utilisation dans des conditions d'échec de chimiothérapie.

 

Projet « Étude des mécanismeS par lesquels des programmes de transition épithélio-mésenchymateUse induisent la Ciliogénèse primaire et ainsi l’activation de CEllules Souches cancéreuses dans des cancers du Sein (SUCCESS). »

Porté par Vincent Guen, IGDR - Institut de Génétique et Développement de Rennes et financé via l’appel à projets « Emergence » 2018/2019 du CGO. 

 

Au sein de la glande mammaire, des cellules souches adultes (MaSCs) et des cellules initiant des tumeurs mammaires (MaTICs) utilisent des programmes de Transition Épithélio-Mésenchymateuse (TEM) afin d’acquérir des propriétés souches.L'IGDR a récemment démontré que les programmes de TEM activent ces propriétés en induisant la ciliogénèse primaire. Le but du projet proposé est de déterminer les mécanismes par lesquels les programmes de TEM induisent la ciliogénèse. À travers une analyse d’expression de gènes en modèles MaSCs/MaTICs, le laboratoire a identifié une signature transcriptionnelle TEM-dépendante, au sein de laquelle 9 gènes codent pour des protéines centrosomales et/ou ciliaires pour lesquels un rôle dans la ciliogénèse reste à établir. Afin de tester cette hypothèse, l'équipe a pour objectif de développer une approche de criblage génétique de régulateurs de ciliogénèse par microscopie à l’aide d’un modèle de MaTICs. À l’issue du crible, deux gènes clés seront sélectionnés et la fonction dans l’activation des MaSCs/MaTICs à travers des essais de sphères et d’organogénèse in vitro, ainsi que de tumorigénèse in vivo sera étudiée. Ce projet devrait révéler de nouveaux mécanismes de formation de certaines tumeurs mammaires.